Introduction
L'acquisition du langage écrit est située au sommet des opérations cognitives humaines, on l'appelle aussi l'acquisition du deuxième code, car le premier code consiste en l'apprentissage du langage oral avec toutes ces annexes : bonne articulation, bonne parole (débit, rythme, intonation) et bon niveau de compréhension et d'expression.
Posséder le 1er code (langage oral) est relié par d'autres potentiels de base. Nous citons la connaissance de soi (schéma corporel, latéralité), du mouvement (motricité générale, coordination motrice, motilité fine digitale, bucco-faciale et, évidemment, perception visuelle (représentation spatiale) et auditive (représentation temporelle). Cela signifie que les performances humaines sont classées du plus simple au plus compliqué.
Malgré l’existence de nombreuses recherches empiriques sur la production et la compréhension écrites, nous ne pouvons avoir une idée suffisamment précise de l'ensemble des contraintes qui pèsent sur les performances qui permettent de gérer le langage écrit.
Néanmoins, des réflexions fondées sur des contraintes neurobiologiques spécifiques à la tâche d'écriture, ou liées aux limites générales du système cognitif (LE MAIRE, 1999), avec toute la complexité d'un système qui implique l'école, la famille et l'environnement socioculturel, aident certes, à la compréhension des mécanismes cognitifs et spécifiques à la base des paramètres associés à l'activité de lecture.
Depuis BOREL MAISONNY et même avant, les orthophonistes, les psycholinguistes et les cognitivistes proposent des protocoles pour résoudre les difficultés de lecture. Nous proposons ici, un plan de rééducation d’élèves dyslexiques. Ce plan s’est avéré efficace, expériences faites au sein de nombreuses institutions.
I. Définition de la dyslexie
La dyslexie est une incapacité ou une difficulté d’apprentissage de la lecture.
Elle est caractérisée par :
- Une incompréhension du système d'écriture alphabétique, à l'origine des plus graves formes, confinant à l'alexie.
L’élève n'établit pas de lien entre le signe écrit et le son qu'il symbolise.
- Une difficulté de différencier les sons : l'élève ne peut pas analyser correctement les sons du langage oral ; les confusions les plus tenaces et les plus fréquentes ont lieu, en français par exemple, entre p et b ; t et d ; f et v ; et, en arabe, entre ث et ث ; س et ص ; لet ر.
- Une difficulté de différencier visuellement, c'est-à-dire de percevoir forme et structure entre b et d ; p et q ; m et n ; entre ج et خ ; ز , ر et ل .
- Une difficulté de différencier l'ordre de succession des lettres ou des syllabes ou trouble de l'orientation spatiale.
- Enfin, une difficulté d'évocation rapide de la réalité, symbolisée par les sons lus, ce qui entraîne une lecture hâchée ; le regard reste fixé sur le mot. Le texte devient alors incompréhensible, autant pour le lecteur que pour l'auditeur.
II. Contraintes cognitives générales impliquées par la lecture
Lorsqu'il lit, l’élève mobilise plusieurs types de connaissances : comprendre et élaborer la signification en transformant les signaux graphiques (visuels) en signaux sonores (auditifs). La question principale est de savoir comment il est possible de reconnaître un mot.
Pour aborder la question de la reconnaissance des mots, on s'est intéressé a celle des mots isolés, sans l'influence de la phrase dans laquelle ce mot pourrait être inséré. La question devient, selon Jean François LE NY, de savoir si les mots sont reconnus globalement ou bien si les lettres doivent être analysées une à une, pour que le mot soit ensuite reconnu?
Une proposition a été émise par SELFRIDGE & NEISSER concernant la reconnaissance des mots, au sujet de la reconnaissance des mots anglais.
Nous essayons d’en suivre les principes, afin de comprendre la reconnaissance des mots arabes.
Les mots sont analysables en sous unités composantes, les lettres chacune ayant des caractéristiques spécifiques. Pour l'ensemble des lettres de l'alphabet, on peut retenir un certain nombre de caractéristiques, permettant de distinguer l'ensemble des lettres, ce, par la présence ou l'absence des traits caractéristiques : traits verticaux, horizontaux, obliques, courbes continues, courbes discontinue, point au-dessus de la ligne, point au-dessous de la ligne. Ainsi :
|
ضمة
|
كسرة
|
فتحة
|
و
|
يـ
|
نـ
|
د
|
ذ
|
غـ
|
عـ
|
جـ
|
خـ
|
حـ
|
كـ
|
هـ
|
ط
|
ظ
|
ضـ
|
ز
|
ر
|
يـ
|
صـ
|
لـ
|
شـ
|
سـ
|
مـ
|
قـ
|
ف
|
ث
|
ت
|
ب
|
ا
|
ء
|
|
|
|
|
|
|
1
|
1
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
1
|
1
|
CommentairesPas de commentaire pour cet article Ajouter un commentaire |